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Critères utilisés par la GCR pour la notation financière des entreprises

Introduction

La Global Credit Rating Co. (“GCR”) est la première agence de notation financière en Afrique, et a procédé à la notation d'un plus grand nombre d'organisations que tout autre agence de notation opérant sur le continent africain. L'expertise de la GCR dans le secteur des entreprises couvre l'Afrique australe, l'Afrique de l'est et de l'ouest, et porte sur un large éventail d'entreprises dont les activités relèvent des secteurs industriel, des ressources minières, des transports, du commerce de détail, des télécommunications et de la technologie de l'information. Malgré le caractère très diversifié de ces activités et la taille des sociétés impliquées, certains éléments essentiels caractérisent l'approche de la GCR.

La méthodologie de notation de la GCR prend en compte toutes les méthodologies utilisées par les agences de notation internationales, et qui intègrent les principes clés qui sont spécifiques aux entités que l'on retrouve sur les marchés émergents. L'avantage comparatif de la GCR en matière d'attribution de notations dans les économies des marchés émergents découle de sa présence opérationnelle sur tous les marchés sur lesquels les notations sont attribuées, ce qui facilite une évaluation précise des risques relatifs de crédit sur un marché spécifique.

Philosophie de notation

L'approche de notation de la GCR s'inspire de techniques analytiques qui intègrent des facteurs quantitatifs et qualitatifs. Nos notations sont l'expression d'une évaluation de la situation financière actuelle de l'organisation, de même que l'évolution future éventuelle de cette situation. En outre, notre analyse se concentre sur une gamme de facteurs administratifs, économiques et opérationnels. La GCR examine la capacité de l'organisation à faire face à ses obligations avec des scénarios classiques et des scénarios sous pressions. Quoique cette méthodologie mette l'accent sur les obligations générales de notation, elle est également adaptée aux questions spécifiques de dettes. La GCR a pour objectif d'attribuer des notations qui sont applicables tout au long des diverses étapes d'un cycle de transactions

Processus de notation

Un bref aperçu du processus de notation est décrit ci-après :

  • La collecte d'informations pertinentes, dont des données historiques, opérationnelles et financières, des données portant spécifiquement sur le secteur en question et sur l'économie, de même que la collecte de statistiques sur les concurrents à des fins de comparaison.
  • Des rencontres sont organisées avec la direction de l'institution et les principaux membres influents du personnel, rencontres au cours desquelles, un plus grand nombre d'informations sensibles sont discutées à fond.
  • Suite à une analyse exhaustive des risques spécifiques, des performances financières, des prévisions et perspectives futures pertinentes, un projet de rapport de notation est élaboré et transmis à la direction afin qu'elle fasse ses commentaires.
  • Une fois que les commentaires de la direction sont obtenus, un groupe de notation est convoqué, et les questions pertinentes sont discutées, et en ce moment là, le groupe attribue une notation à court et à long terme.
  • Les notations sont alors communiquées directement à la direction ;
  • Une supervision continue de la société et des contacts avec la direction sont considérés comme étant cruciaux pour sauvegarder l'intégrité des notations attribuées.

Méthodologie de notation

Les directives suivantes donnent un aperçu général des facteurs quantitatifs et qualitatifs que la GCR prend en considération lorsqu'elle procède à l'analyse d'une entreprise.

L'analyse fondamentale constitue la base des notations attribuées par la GCR. Les opinions de cette dernière sont basées sur une bonne compréhension des éléments essentiels et des risques de l'organisation qui fait l'objet de notation et du secteur (ou secteurs) au(x) quel(s) elle appartient. S'il est vrai que le but que vise toute analyse de crédit est de déterminer si le flux de trésorerie permet de couvrir le paiement des intérêts et le remboursement du principal, et ceci dans quelle mesure il le fait, l'attribution d'une notation financière constitue un processus dynamique, dans la mesure où chaque entité possède des caractéristiques qui lui sont propres et fait face à divers degrés de risques.

Le processus analytique de la GCR se concentre sur les domaines clés ci-après :

  • Analyse opérationnelle
  • Analyse du secteur
  • Performance financière et analyse de ratios
  • Profile de financement
  • Gestion

1. Analyse opérationnelle

L'examen de la dynamique opérationnelle du groupe commence avec une analyse sectorielle des performances, qui est faite en fonction de repères liés aux tendances historiques, de normes et concurrents du secteur. Les données financières telles que la croissance du chiffre d'affaires et les marges bénéficiaires sont essentielles dans la mesure de ces performances. Dans ce cadre, notre analyse prend en compte les éléments essentiels du secteur et les principaux déterminants de la croissance, de même que les avantages comparatifs (tels que le profil des coûts, la différentiation des produits, le niveau d'intégration des produits). En dehors des forces et opportunités relatives, les menaces et faiblesses de l'entité sont également évaluées. Avec un nombre croissant d'entreprises se trouvant dans les marchés émergents qui participent aux échanges commerciaux mondiaux, l'accent est par ailleurs mis sur la source des recettes et le coût de base de la société. Cela est particulièrement pertinent étant donné la volatilité monétaire des économies des marchés émergents.

2. Analyse du secteur

La considération de base qui prévaut tout au long du processus de notation est la qualité et la stabilité des flux de trésorerie. Dans l'aperçu que l'on donne du secteur, les risques fondamentaux du secteur et des transactions qui peuvent avoir un impact sur les flux de trésorerie, sont identifiés, et des paramètres de notation assez souples sont fixés en conséquence. Par exemple, les secteurs hautement cycliques, dans lesquels les ventes (en termes de volume/prix) sont étroitement liées aux fluctuations des indicateurs macroéconomiques, tels que le PIB et les taux d'intérêt, subiront à long terme une tendance de notation négative. Cela est dû à des écarts considérables observés au niveau des recettes, dans la mesure où ces types d'entreprises sont caractérisées par un levier d'exploitation élevé, découlant de leur ratio de coûts de base fixes à variables, considérables. Malgré cela, il y a des transactions à cycle multiple dont les cycles font souvent l'objet de compensations entre elles, éliminant du coup la variabilité observée au niveau des recettes et des flux de trésorerie qu'affichent les entreprises particulièrement cycliques. La nature et l'état du secteur sont également analysés, étant donné que cela joue un rôle fondamental dans la détermination de la catégorie de notation. Par exemple le fait qu'un secteur soit en déclin ou qu'un secteur enregistre une forte croissance peut avoir un impact négatif sur la notation à long terme de la société. La première alternative peut être caractérisée par une rentabilité en baisse et des flux de trésorerie faibles, alors que la seconde alternative pourrait nécessiter des dépenses d'équipement ainsi que des dépenses recherche-développement substantielles, qui pourraient conduire à une augmentation du ratio d'endettement. Au contraire, une société qui opère dans un secteur stable pourrait bénéficier d'une notation à long terme plus élevée, en raison du caractère moins volatile de rentrées de trésorerie.

Notre évaluation des questions du secteur porte sur les principaux domaines ci-après :

  • Structure compétitive (examinant à la fois tant la concurrence locale qu'internationale)
  • Barrières à l'entrée et à la sortie
  • Besoins en dépenses d'investissement
  • Sensibilités par rapport aux moteurs du secteur (tels que les taux d'intérêt, les dépenses de ménage et formation brut du capital immobilisé)
  • Influences politiques et sociales
  • Législation

3. Performance financière et analyse de ratio

Alors que l'analyse de base de l'entité constitue la pierre angulaire de notre évaluation, il est important de souligner le fait que la GCR n'adopte pas une approche « boîte ». Bien au contraire notre approche vise à intégrer notre analyse de base et quantitative à une analyse qualitative stratégiquement fondée. L'analyse quantitative implique un examen minutieux de la performance financière de la société, de l'ensemble des liquidités générées et de la situation financière sur une période de cinq ans.

Avant que ne soient analysés les résultats d'une société, l'on doit prendre en considération leurs composantes et leur qualité comptable. Dans la mesure où le processus de notation exclut de manière explicite tout type d'audit, la qualité comptable est évaluée en examinant les politiques comptables telles que:

  • Les principes de consolidation
  • Les modifications dans la structure du groupe
  • Les politiques de détermination de réserves
  • Le traitement des éléments hors bilan
  • Le traitement de la survaleur

Performance financière

La GCR accorde une grande importance à la cohérence des revenus et la génération de liquidités. En analysant les données financières de la société, la GCR ne retient pas une approche autonome, puisqu'elle tient compte de l'environnement et des circonstances dans lesquelles les résultats financiers ont été produits. Par exemple, alors qu'une baisse persistante des marges du bénéfice d'exploitation peut être perçue comme étant négative, elle peut cependant être imputée à la stratégie de la direction consistant à pénétrer un segment de marge plus faible du marché ou à accroître la part du marché. En outre, dans l'évaluation de la situation financière de la société, la GCR recherche un bilan solide, soutenu par des actifs indiqués de manière prudente.

Comme indiqué précédemment, la notation attribuée à une entité est tout d'abord basée sur la le degré couverture du paiement des intérêts et du remboursement de principal par le flux de liquidités. L'analyse des capacités de génération de liquidités du groupe revêt donc une importance capitale.

Aussi bien le flux de trésorerie d'exploitation que disponibles sont analysés conformément aux paramètres suivantS:

  • Force – le niveau de flux de trésorerie généré par les principales opérations de la société par rapport à ses besoins d'investissement
  • Variabilité – la volatilité de flux de trésorerie à travers les cycles des affaires, déterminant les sensibilités des flux de trésorerie par rapport aux modifications de cycles économiques
  • Prévisibilité – de flux de trésorerie futurs, acquisitions et cession d'actifs.

L'analyse du flux de trésorerie porte essentiellement sur les liquidités générées par les activités principales de la société, qui devraient croître de façon durable.

Ratios

La GCR analyse les divers ratios par rapport à ceux de l'année précédente et le secteur dans lequel l'entreprise opère. Les ratios clés analysés comprennent:

  • Rentabilité – croissance du chiffre d'affaires, marge de bénéfice d'exploitation
  • Flux de trésorerie – flux de trésorerie discrétionnaire : créance nette
  • Couverture – couverture brute des intérêts (recette d'exploitation : intérêts bruts) et couverture nette des intérêts (recettes d'exploitation : intérêts nets).

Le flux de trésorerie et les ratios de couverture sont considérés comme étant des ratios clés de protection du crédit et sont analysés conjointement avec les niveaux d'endettement et la structure de financement (tel que présenté ci-dessous).

4. Profil de financement

Une évaluation du profil de financement de la société commence avec le niveau et le profil de maturité  de ses dettes. Un accent particulier est mis sur toute concentration de maturité et la capacité de l'entité à faire face à ces obligations en l'absence d'options de remboursement. L'analyse des composantes de financement d'une société porte également sur la monnaie et la structure du taux d'intérêt (i.e. fixe ou flottant) lié à son exposition aux dettes.

Les caractéristiques spécifiques de chaque entité institutionnelle imposent qu'il n'y ait pas de règles rigoureuses relatives à la situation d'endettement. Il faut tenir compte du cycle de vie de l'entreprise concernée et du type de secteur dans lequel il évolue. Par exemple, une entreprise qui mène ses activités dans le secteur des télécommunications ou celui très diversifié de l'industrie sera en général, de par sa nature, à forte intensité de capitaux et aura des besoins de financement plus substantiels qu'une entité de vente au détail, alors qu'une unité de vente au crédit aura des besoins assez importants en fonds de roulement, qu'il faudra financer. Notre analyse tient également compte de la nécessité de réparer ou de remplacer les infrastructures qui se sont détériorées ou qui sont devenues obsolètes.

La souplesse financière est évaluée en termes du niveau d'endettement de l'entreprise (ratio net dettes-actions). Une meilleure notation est attribuée à une entreprise qui fait preuve de davantage de souplesse que son homologue (en d'autres mots, une entreprise qui peut contracter des dettes supplémentaires avec beaucoup plus de facilité et moins de tension sur son bilan). Compte tenu de la diversité des entreprises examinées, la GCR n'impose pas de limite d'endettement optimal, mais évalue plutôt les niveaux d'endettement des entités par rapport aux limites d'endettement que la direction de l'entreprise s'impose et aux normes du secteur. Par ailleurs, la GCR examine la structure de financement de l'entité et lorsque, aucune combinaison de financement à court et à long termes n'est prescrite, l'on met l'accent sur la correspondance entre l'actif et le passif. Par exemple, les entreprises à haute utilisation de fonds de roulement devraient essentiellement avoir recours à des financements à court terme, alors que les entreprises à forte intensité de capitaux devraient utiliser des facilités à plus long terme. En outre, la GCR évalue les tendances d'endettement au sein des cycles d'activités respectifs de l'entreprise. L'on note que les besoins de fonds de roulement fluctuent de manière saisonnière et par conséquent les niveaux d'endettement en fin d'exercice pourraient ne pas refléter avec exactitude le profil de risques de l'entreprise. Enfin, la GCR évalue l'accès de l'entreprise à des sources alternatives de liquidité, tels que les lignes d'emprunt engagées et la capacité d'exploiter les marchés financiers.

5. La direction

En dépit du fait que tous les domaines, objet d'analyse et examinés ci-dessus, sont le reflet des forces et capacités de la direction, la GCR évalue les stratégies de la direction par rapport aux atouts globaux de l'entité et à l'environnement actuel du marché.

Notre évaluation spécifique de la direction porte essentiellement sur un certain nombre de domaines clés qui sont brièvement présentés ci-dessous :

Structure de la direction

La GCR analyse la capacité de la direction à s'ajuster à des conditions qui évoluent de manière efficiente et efficace, en reconnaissant que la souplesse est primordiale. Les connaissances exhaustives de la direction sont également importantes et l'entreprise ne devrait pas s'exposer indûment à des risques « humains clés ».

Contrôles

On acquiert une bonne compréhension de l'appétit de la direction pour le risque, en adoptant un point de vue financier, opérationnel, structurel et technologique.

Crédibilité et parcours professionnel

L'analyse de ce domaine permet de couvrir le succès et l'impact des efforts d'expansion passés, de même que l'utilisation et la gestion des méthodes financières. Le succès historique obtenu par la direction dans la réalisation des buts et objectifs est également pris en considération.

Vision stratégique et objectifs d'entreprise

La vision stratégique globale est examinée, en prenant en compte les dépenses d'exploitation et d'équipement de la direction et les prévisions de revenus dans le contexte d'un environnement d'exploitation tant interne qu'externe.

Conclusion

Traditionnellement, l'appétit de financement sur fonds propres par les entreprises des marchés émergents et l'accès direct aux lignes de crédit bancaires ont étouffé le besoin de notation financière des entreprises. Néanmoins, la croissance substantielle observée au niveau de la demande de notation des entreprises sur ces marchés émergents découle du renforcement croissant des marchés de capitaux dans les économies émergentes, suite à la période de transformation et de mondialisation de ces économies.

Quoique, une analyse quantitative exhaustive s'avère importante, l'on ne saurait suffisamment mettre l'accent sur les caractéristiques qualitatives de notre analyse. Il s'avère crucial « d'aller au-delà des chiffres » et d'évaluer les forces et faiblesses intangibles d'une entité. Un aspect important de l'analyse de la GCR porte sur la compréhension des caractéristiques stratégiques d'une organisation et la qualité de sa direction. En dernière analyse, nous mettons l'accent sur la détermination de la manière dont ces aspects stratégiques auront un impact sur la souplesse de l'organisation et sa capacité à générer de la trésorerie pour l'avenir.

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