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Notations financières de la capacité de règlement
Introduction
Critères utilisés par la GCR pour la notation financière des Sociétés d'assurance vie et toutes branches à court terme
La Global Credit Rating Co. (“GCR”) est la première agence de notation financière en Afrique, disposant d'une expertise spécifique en matière de notation de la capacité de règlement de sinistres. En général, la GCR attribue environ 81% des notations financières portant sur la capacité de règlement des sinistres sur le continent africain, et peut être fière d'un ratio de couverture en matière de notations financières qui atteint 95% sur certains marchés.
Philosophie de notation
L'approche de notation financière de la GCR s'inspire de techniques analytiques qui intègrent des facteurs quantitatifs et qualitatifs. Nos notations sont l'expression d'une évaluation de la situation financière actuelle de l'organisation, de même que l'évolution future éventuelle de cette situation. La GCR examine la capacité de l'assureur à faire face à ses obligations avec des scénarios classiques et des scénarios sous pressions. En effet, les notations financières de la GCR constituent une mesure de la probabilité de défaillance sur les obligations des assurés.
Processus de notation
Un processus de notation financière bien structuré est mis en œuvre et comprend :
- La collecte d'informations, dont des données historiques, l'analyse et la communication avec la société.
- Rencontres avec la direction de l'institution et les principaux membres du personnel.
- Débats et vote au niveau du comité de notation, suivis par la communication de la notation à la société.
- Une fois que les commentaires de la direction sont obtenus, un groupe de notation se réunit, et les questions pertinentes sont discutées, et à cette étape là, le groupe attribue une notation sur la capacité de règlement des sinistres.
- les notations sont alors communiquées directement à la direction
- Supervision continue de la société et contact avec la direction.
Méthodologie de notation
Les directives suivantes donnent un aperçu général des facteurs quantitatifs et qualitatifs que la GCR prend en considération lorsqu'elle procède à l'analyse de la capacité de règlement de sinistres d'une société d'assurance.
1. Analyse qualitative
L'analyse fondamentale constitue la base des notations financières attribuées par la GCR. Les opinions de cette dernière sont basées sur une bonne compréhension des éléments essentiels et des risques de la société qui fait l'objet de notation et du secteur auquel elle appartient. Ces directives sont intentionnellement d'une portée assez large, en reconnaissant le fait que l'attribution de notations financières est un processus dynamique, et que chaque société possède des caractéristiques qui lui sont propres et fait face à divers degrés de risques. En général, les notations financières de la GCR sont basées sur une analyse détaillée de la situation financière actuelle d'un assureur, de même que sur une évaluation de l'impact positif ou négatif que les opérations et évolutions futures pourraient avoir sur cette situation.
Le processus analytique de la GCR porte essentiellement sur les principaux domaines suivants :
- Positionnement concurrentiel
- Exposition aux risques
- Caractéristiques défensives
- Relations de groupe
- Qualité de la direction
Positionnement concurrentiel
Une situation concurrentielle forte constitue une barrière considérable à l'arrivée de nouveaux concurrents ou, au contraire une situation concurrentielle faible constitue une barrière considérable au succès. Les assureurs qui présentent un bilan solide et un niveau acceptable d'exposition aux risques peuvent afficher une très bonne santé financière à court terme. Cependant, il faut pour soutenir cette santé financière sur le long terme, que la société ait un avantage concurrentiel durable.
La taille peut manifestement constituer un avantage concurrentiel dans le secteur des assurances. Les avantages de la taille comprennent les économies d'échelle et une plus grande marge de négociation avec certains fournisseurs En outre, la taille vient en appui à plusieurs caractéristiques fondamentales, au nombre desquelles la souplesse financière, la capacité à influencer la tarification, la diversification et le positionnement par rapport au marché.
Néanmoins, tout en reconnaissant que les petits assureurs peuvent être désavantagés (étant donné la souplesse financière, la diversification et la masse critique dont disposent les grands assureurs), la GCR croit que les sociétés plus petites qui peuvent fournir un meilleur service et apporter un appui de meilleure qualité qui ne sont pas économiquement possibles au niveau des grands assureurs, contrôlent toujours des créneaux de marché. Les sociétés de plus petite taille tendent à être moins bureaucrates et plus dynamiques que les sociétés de plus grande taille.
Par ailleurs, la capacité de créer et d'entretenir des réseaux et alliances viables est également primordiale dans le maintien de la base de clientèle de la société et dans l'accroissement de la part du marché.
Les éléments ci - après peuvent affecter l'avantage concurrentiel d'un assureur :
- Part du marché/ positionnement sur le marché – i.e. le leadership, la diversité du type d'activité, créneau etc.
- Capacité de répartition
- Reconnaissance de la marque
- Rationalisation des dépenses et avantages de la tarification qui sont liés
- Marketing et réalité des ventes
- Gamme de produits et offres de services
- Santé financière/ stabilité
- Capacité administrative de la technologie
- Stratégie d'investissement bien exécutée
- Valeur de franchise
Expositions aux risques
Les assureurs font face à divers degrés de risques dans le cadre de leurs activités habituelles, compte tenu des types de produits qu'ils offrent, du marché cible et des dispositions prises en matière de financement. Lors de l'évaluation de l'exposition aux risques, on apprécie la probabilité de la survenance d'une situation de pertes négatives. La direction doit comprendre et superviser la survenance de tels risques, aussi bien individuels que dans leur totalité.
Les sources de risques les plus importantes auxquelles font face toutes les sociétés d'assurance sont les suivantes :
- Risque de concentration
- Risque d'investissement
- Risque de souscription
- Risque de crédit sur les ressources réutilisables de réassurance
- Absence d'économies d'échelle
- Croissance – croissance en ralentissement/ déclin ou croissance rapide non maîtrisée
- Nouvelles entreprises et acquisitions
- Environnement réglementaire, fiscal ou juridique
- Risque de catastrophe ou grands risques de pertes
- Risque de liquidité du passif en fonction de la désintermédiation
- Décalage actif /passif (risque de taux d'intérêt)
- Poids de fortes dépenses et absence de masse critique
Le risque de souscription auquel font face les sociétés porte sur un certain nombre de facteurs, dont :
- Marge de souscription – ratios de pertes, dépenses et combinés, et de manière plus spécifique, les expositions de mortalité et de morbidité dans le cas de l'assurance vie
- Exposition aux pressions de tarification et capacité d'atteindre l'adéquation de taux
- Souplesse de la tarification
- Expertise de souscription
En termes d'importance relative d'exposition à ces risques, elle varie en fonction de la combinaison de produits de la société. De manière précise, les importances expositions aux risques par type de produit en termes des sociétés d'assurance vie sont les suivantes :
a. Rentes fixes
Dans l'analyse d'une assurance rente viagère, les points les plus importants sont l'exposition au taux d'intérêt et au risque de désintermédiation, les investissements à hauts risques et risque de liquidité, de même que l'environnement fiscal/réglementaire. Une croissance lente pourrait ne pas constituer un véritable problème parce que les plans rente viagère génèrent des revenus sur le produit sur une base liée à la marge, et émettre des produits de manière opportuniste. Une croissance élevée au moment où les conditions de marché sont négatives peut être une source de problème.
b. Assurance vie
Pour une assurance vie, les risques les plus importants seraient une croissance lente ou un déclin des ventes (parce que qu'elle ne génèrera pas des bénéfices de renouvellement élevés et ne va pas éroder sa situation concurrentielle), une croissance rapide mal maîtrisée (en raison des coûts d'acquisition élevés qui sont liés), les risques de mortalité (en particulier du fait de la forte prévalence du SIDA), les investissements à hauts risques et risque de liquidité, et l'environnement réglementaire et juridique. Le risque actif/passif est important pour les sociétés qui émettent des assurances vie sensibles aux intérêts.
c. Produits variables
Une société de rente viagère ayant un compte séparé aura à faire face à des risques d'investissement et actif/ passif négligeables et à certains risques de mortalité en ce qui concerne le capital décès garanti. Les questions primaires seront l'environnement fiscal, la masse critique, la capacité à faire face aux objectifs en matière de dépenses et une croissance mal maîtrisée ou l'absence de croissance.
Caractéristiques défensives
Il s'agit du troisième domaine devant faire l'objet d'analyse. Les sociétés présentant des caractéristiques défensives fortes sont plus aptes à préserver et accroître leur actif et leur capital. L'évaluation de l'exposition aux risques d'un assureur et des caractéristiques défensives est faite conjointement. Le niveau de risque auquel est exposé un assureur est important dans la détermination des caractéristiques défensives requises, dans la mesure où les deux doivent aller de pair. Les principales caractéristiques défensives sont les suivantes :
- Le niveau de capital (mesuré par le levier d'exploitation et le capital basé sur le risque)
- Le taux de constitution du capital à partir de ressources internes
- La souplesse financière et l'accès aux sources externes de capital
- La rentabilité et la capacité à générer des revenus adéquats sur capital
- La qualité et la capacité de souscription, dont la souplesse de la tarification dans un contexte de concurrence
- Les investissements liquides de haute qualité et une forte trésorerie
- Des protections de réassurance adéquates
- La diversification des activités
- L'adéquation de réserve primes et demandes d'indemnisation
Relations de groupe
Ce secteur d'analyse détermine les relations que l'assureur entretient avec ses filiales et comment ces relations ont un impact sur le poids financier de la société. Bien que toutes les sociétés soient évaluées individuellement, les notations financières peuvent être corrigées sur la base des relations au sein du groupe.
Les facteurs qui entrent en ligne de compte sont les suivants :
- Le poids financier de la société mère et sa souplesse financière
- Les besoins de dividendes en amont/ la disponibilité de contributions en capital de la société mère
- La nécessité potentielle de détourner des capitaux pour soutenir des filiales dont la performance n'est pas satisfaisante
- Les synergies d'activités avec la société mère ou les filiales
- Les forces et faiblesses des garanties formelles ou accords de soutien des filiales ; documentation montrant les succès du soutien des filiales
Sans l'apport significatif de capitaux directs, les jeunes sociétés d'assurance ou celles se trouvent en début de croissance, ne pourront pas, toute chose étant égale par ailleurs, faire montre des caractéristiques requises pour atteindre un haut niveau financier par elles - mêmes. La présence cependant d'un actionnaire puissant exerçant sa supervision pourrait atténuer cette situation.
1.5 Qualité de la direction
La direction de l'institution constitue le dernier élément devant être analysé, quoique tous les domaines d'analyse examinés ci - dessus reflètent dans une certaine mesure, une évaluation des forces et capacités de la direction.
En d'autres mots, le succès ou l'échec enregistré pour les domaines précédemment examinés constitue souvent la meilleure “fiche de rapport” sur la direction. La GCR évalue la stratégie de la direction par rapport aux atouts de la société en général ainsi que l'environnement actuel du marché.
Notre évaluation spécifique de la direction porte essentiellement sur :
- La vision stratégique
- Le goût du risque
- La crédibilité et les bons résultats obtenus en ce qui concerne les attentes
- L'exhaustivité, la portée et le plan de succession
- Les contrôles
- Les performances des principaux responsables
2. Analyse quantitative
Bien que l'analyse fondamentale de l'assureur constitue la base de notre évaluation, il est important de souligner le fait que la GCR n'adopte pas une approche canevas. Cela implique que nous ne déduisons pas simplement une notation financière sur la base de notre analyse fondamentale. Au contraire, notre approche consiste à intégrer notre analyse qualitative fondamentale à l'analyse qualitative.
Notre but est essentiellement d'acquérir une bonne compréhension des capacités financières, administratives et opérationnelles de l'assureur. En même temps que beaucoup d'autres secteurs d'analyse, les statistiques de l'entité sont comparées à des repères pertinents, dont les normes nationales et internationales, ainsi que les cycles d'activités.
Le processus analytique et quantitatif de la GCR porte fondamentalement sur les points suivants :
2.1 Les ratios d'efficacité
2.2 La liquidité
2.3 La solvabilité
2.1 Les ratios d'efficacité
L'analyse de l'efficacité porte essentiellement sur la source des primes, en particulier en termes de diversification et de volatilité. A cet égard, le type de chiffre d'affaires d'une société d'assurance vie est pertinent, dans la mesure où les transactions de primes uniques deviennent un secteur de croissance par le haut. Cependant, étant donné que 70% des charges des assureurs vie sont fixes, le chiffre d'affaires périodique demeure par conséquent un élément clé dans cette efficacité.
En procédant à l'évaluation d'une gamme variée d'activités d'un assureur à court terme et de la qualité relative de souscription brute, les niveaux de rétention (chiffre d'affaires net par rapport aux primes brutes) et les ratios de perte (réclamations prises en compte par rapport aux primes nettes absorbées) sont utilisés.
En procédant à l'évaluation d'une gamme variée d'activités d'un assureur à long terme et de la qualité relative de souscription brute, le multiple du registre (primes par rapport aux réclamations) donne une bonne indication. Ce ratio donne également une indication des perspectives de croissance du secteur d'activité (en identifiant les périodes de contraction et d'expansion).
Par ailleurs, les dépenses sont analysées afin de déterminer si, il existe des insuffisances criardes au niveau aussi bien des sociétés d'assurance à long qu'à court terme. L'évaluation des charges tourne autour des dépenses et commissions de gestion versées, tout en tenant compte de la relation entre les charges fixes et variables et de la capacité de l'assureur à rationaliser ces charges lorsqu'elles ne respectent pas les normes du secteur. A tout moment, une comparaison est faite avec les tendances historiques, les sociétés sœurs et les normes du secteur. Au nombre des ratios utilisés on retient les dépenses de gestion par rapport au chiffre d'affaire net et les commissions versées par rapport au chiffre d'affaires net.
En gros, les capacités de gestion et d'administration d'un assureur peuvent avoir une influence directe sur l'efficacité de l'entité, conjointement avec la composition des revenus et dépenses. En tant que tels, ces domaines sont évalués simultanément.
2.2 Liquidité
Les facteurs de liquidité de l'actif et du passif sont très importants dans l'analyse de la capacité de règlement de sinistres d'un assureur. Du point de vue de la trésorerie, la GCR analyse les caractéristiques de la trésorerie d'exploitation d'une société d'assurance et des changements qu'elle peut apporter à certains environnements économiques et cadres de souscription. Le rapport entre l'actif liquide et le passif donne une indication de la part du passif d'une société qui est couverte par la trésorerie et autres éléments d'actif liquide. Ceci est particulièrement pertinent pour les activités d'un assureur à court terme.
2.3 Solvabilité
La GCR évalue le niveau de capital par rapport aux risques encourus par un assureur, qui incluent les investissements, la souscription, les transactions et la réassurance. Dans le cas des assureurs à court terme, cela est mesuré par la marge de solvabilité internationale (avoirs des actionnaires en tant que pourcentage du chiffre d'affaires net) et le ratio de base financière (qui prend en compte les réserves techniques). L'investissement des réserves techniques, des réserves en capital et du capital constitue une activité clef au sein des opérations d'une société d'assurance à caractère général. La GCR analyse une gamme variée de produits d'investissement et les compare à celle des sociétés sœurs et avec les caractéristiques du portefeuille du passif. Par ailleurs, la GCR évalue les risques de concentration en termes de catégories d'actif, de région géographique, de taille de l'investissement et de source de l'investissement. Les performances historiques de l'investissement sont importantes dans la détermination des résultats acquis de l'assureur dans des types d'actif de spécialité. La gestion de devises et la capacité du portefeuille à prévenir l'inflation constituent également une part importante de l'analyse de la GCR, en particulier sur certains marchés.
L'excédent de l'actif sur le passif déterminé par un actuaire (ou réserve d'actif gratuite) est utilisé pour savoir si les besoins d'adéquation du capital “BAC” d'un assureur vie sont couverts de manière adéquate. Les BAC constituent par rapport à l'expérience un tampon qui est pire que celui qui est supposé être dans l'évaluation de la santé financière.
Comme indiqué, les notations portant sur la capacité de règlement de sinistres constituent une mesure de la force et de la variabilité de la marge par laquelle, l'actif devra excéder le passif sur une base durable. En conséquence, le capital existant joue un rôle crucial dans l'évaluation de la capacité de règlement de sinistres d'un assureur à court terme/ vie/ soins médicaux. Cependant, il y a souvent une confusion au sujet de l'ampleur de l'influence que le niveau de capital existant sur une notation financière, en particulier lorsqu'une société est sur capitalisée. En l'absence d'un ensemble d'activités saines, de risques gérables encourus et de qualité de la direction, une société n'est pas susceptible d'obtenir une notation financière de haut niveau quelle que soit la force de son capital existant. Au contraire, une société assez solide qui affiche des soldes financiers extraordinairement considérables, peut cependant, potentiellement obtenir une notation financière plus élevée que ne l'implique son profil. La mesure dans laquelle la sur capitalisation améliore la notation financière, dépend de la conviction de la GCR selon laquelle la société demeurera sur capitalisée, en particulier si la sur capitalisation rend la rentabilité du capital sous pair. Sauf dans des cas extrêmes, la sur capitalisation peut améliorer une notation financière d'un maximum de une ou deux indices de notation.
Conclusion
Quoique, une analyse quantitative exhaustive s'avère importante, l'on ne saurait suffisamment mettre l'accent sur les caractéristiques qualitatives de notre analyse. Il s'avère crucial “d'aller au - delà des chiffres” pour évaluer les forces et faiblesses intangibles d'une société. L'analyse de la GCR repose sur la compréhension des caractéristiques stratégiques d'une société et de la qualité de sa direction. Nous mettons l'accent sur la détermination de la manière dont ces aspects stratégiques auront un impact sur la capacité de règlement de sinistres de l'assureur. |